
La performance acoustique spectaculaire de l’amphithéâtre d’El Jem n’est pas un heureux hasard, mais le résultat direct d’une conception architecturale et d’un choix de matériaux d’une intelligence inouïe.
- La géométrie elliptique et l’inclinaison des gradins créent un réflecteur sonore naturel qui diffuse le son de manière homogène.
- Le grès dunaire utilisé pour sa construction possède des propriétés d’absorption qui limitent la réverbération excessive, garantissant une grande clarté.
Recommandation : Pour véritablement comprendre cette prouesse, l’expérience ultime est d’assister à un concert du Festival symphonique international et de laisser la magie opérer.
En tant qu’acousticien, je passe ma vie à modéliser, corriger et optimiser la manière dont le son se propage dans un espace. Nous utilisons des logiciels complexes, des matériaux innovants et des calculs sans fin pour atteindre l’intelligibilité parfaite ou le temps de réverbération idéal. Et puis, il y a El Jem. On arrive devant ce colosse de pierre ocre, on se place au centre de l’arène, on claque dans ses mains et… le son revient, pur, clair, sans écho métallique, avec une chaleur et une présence qui laissent sans voix. Cet amphithéâtre tunisien, construit il y a près de 1800 ans, n’est pas seulement un vestige historique grandiose. C’est une leçon magistrale et involontaire d’ingénierie acoustique.
Les guides touristiques s’attardent, à juste titre, sur son histoire, sa taille et sa conservation remarquable. On le compare au Colisée, on raconte les combats de gladiateurs. Mais ces récits passent souvent à côté de l’essentiel : le véritable spectacle d’El Jem, aujourd’hui, est sa sonorité. Comment une structure à ciel ouvert, conçue pour des jeux sanglants, peut-elle offrir une expérience d’écoute qui ferait pâlir d’envie de nombreux architectes de salles de concert modernes ? La réponse ne se trouve pas dans un plan secret, mais dans une convergence géniale de trois facteurs : une géométrie parfaite, un matériau local aux propriétés insoupçonnées et un état de conservation qui nous permet d’en profiter encore aujourd’hui.
Cet article se propose de décrypter ce « miracle » acoustique. Nous allons descendre dans les entrailles de la bête pour comprendre sa structure, nous assoir sur ses gradins pour analyser la propagation des ondes, et même comparer sa « partition » architecturale à celle de son cousin romain pour saisir sa singularité. Oubliez un instant les gladiateurs ; le véritable combat qui se joue ici est celui de la physique des ondes contre la pierre, et le résultat est d’une harmonie déconcertante.
Pour percer le mystère acoustique de ce monument, cet article vous guidera à travers les différents aspects de sa conception et de son histoire. Le sommaire ci-dessous détaille les étapes de notre exploration au cœur de ce chef-d’œuvre d’ingénierie.
Sommaire : Analyse acoustique et architecturale de l’amphithéâtre d’El Jem
- Le sous-sol de l’arène : où étaient gardés les fauves et les gladiateurs ?
- Festival symphonique d’El Jem : quelle place choisir pour le meilleur son ?
- El Jem vs Rome : pourquoi le modèle tunisien est-il plus « lisible » ?
- D’où venaient les pierres géantes utilisées pour construire ce colosse ?
- Visiter El Jem au lever du soleil : est-ce possible et recommandé ?
- Pourquoi l’amphithéâtre d’El Jem est-il mieux conservé que le Colisée de Rome ?
- Bardo ou El Jem : quel musée possède les plus belles scènes de chasse ?
- Les 7 sites UNESCO de Tunisie : dans quel ordre les visiter efficacement ?
Le sous-sol de l’arène : où étaient gardés les fauves et les gladiateurs ?
Avant même d’analyser le son à l’air libre, il faut comprendre ce qui se cache sous la scène. Le sous-sol de l’arène d’El Jem, l’hypogée, est un monde en soi. Contrairement à une salle de spectacle moderne dont les fondations sont inertes, celui-ci était un espace de vie, de mort et de logistique. Il se compose d’une galerie centrale flanquée de deux galeries latérales. C’est dans ces espaces voûtés que l’on préparait les spectacles : les gladiateurs y attendaient leur destin, et les bêtes sauvages étaient enfermées dans des cellules avant d’être hissées dans l’arène par des monte-charges. La documentation historique est formelle, comme le rappelle une analyse des lieux : « La deuxième galerie, plus large, comporte de chaque côté huit cellules où étaient déposés les cages des animaux et les cadavres de gladiateurs tués ».
D’un point de vue acoustique, cette structure souterraine est fascinante. Bien qu’elle n’ait pas été conçue pour cela, elle agit comme un immense caisson de résonance sous l’arène. Les galeries voûtées créent une série de cavités qui, même comblées de sable comme elles l’étaient à l’époque, modifient subtilement la manière dont les basses fréquences se propagent à travers le sol. L’ensemble de la structure, capable d’accueillir une foule immense estimée à 35 000 spectateurs par l’UNESCO, repose sur ce réseau complexe qui, sans le vouloir, jouait déjà un rôle dans la signature sonore globale du lieu. Aujourd’hui, se promener dans ces couloirs frais et silencieux offre un contraste saisissant avec le vacarme qu’ils devaient contenir.
Festival symphonique d’El Jem : quelle place choisir pour le meilleur son ?
La preuve la plus éclatante de la magie acoustique d’El Jem se révèle chaque été. Le Festival international de musique symphonique transforme la vieille arène en une salle de concert à ciel ouvert. Voir l’Orchestre du bal de l’Opéra de Vienne jouer sous les étoiles, dans un décor quasi millénaire, est une expérience qui dépasse la simple écoute musicale. Pour l’acousticien, c’est un cas d’étude en temps réel. La question n’est plus de savoir si le son est bon, mais *où* il est le meilleur. Pour l’édition 2024, un budget de plus de 700 000 dinars a permis de réunir des formations prestigieuses, comptant sur l’acoustique naturelle pour sublimer leurs performances.
Alors, où s’asseoir ? Contrairement aux idées reçues, la meilleure place n’est pas forcément la plus proche de la scène. Grâce à la forme elliptique et à l’inclinaison très étudiée des gradins, le son est remarquablement homogène. Les premières réflexions sonores, celles qui donnent la sensation de proximité et de clarté, sont efficacement renvoyées par les premiers niveaux de gradins vers l’ensemble du public. Pour une expérience optimale, visez les gradins intermédiaires. Vous y bénéficierez d’un équilibre parfait entre le son direct de l’orchestre et les réflexions ambiantes qui créent cette incroyable sensation d’immersion. Le son y est riche, détaillé, sans la prédominance des basses que l’on pourrait avoir trop bas, ni la légère perte d’aigus des places les plus élevées. Vous entendrez distinctement chaque pupitre de l’orchestre, du pizzicato des violoncelles au chatoiement du triangle.

Cette dispersion sonore exceptionnelle, obtenue sans aucun système d’amplification, est ce que les ingénieurs modernes tentent de recréer avec des panneaux diffuseurs et des modélisations complexes. À El Jem, ce sont les pierres elles-mêmes qui font le travail. Le défi pour les organisateurs du festival est de gérer la capacité d’accueil moderne, limitée à environ 2 500 spectateurs pour des raisons de sécurité et de confort, afin que chacun puisse profiter de cette acoustique historique.
El Jem vs Rome : pourquoi le modèle tunisien est-il plus « lisible » ?
La comparaison avec le Colisée de Rome est inévitable. Si le monument romain est plus grand et plus célèbre, l’amphithéâtre d’El Jem possède un avantage majeur pour l’analyste : sa « lisibilité » architecturale. Construit en une seule phase autour de 238 apr. J.-C., il présente une cohérence et une unité de conception que le Colisée, modifié et réparé au fil des siècles, a perdues. Cette homogénéité permet de comprendre l’intention originelle des architectes romains dans sa forme la plus pure. D’un point de vue acoustique, cette intégrité est cruciale. Les surfaces sont uniformes, les angles sont constants, et la symétrie est quasi parfaite. Il n’y a pas de « trou » acoustique créé par l’effondrement d’une large section ou par l’ajout de matériaux aux propriétés différentes.
Wikipédia le résume parfaitement : « L’amphithéâtre d’El Jem est le seul au monde, avec le Colisée de Rome, à posséder encore une façade intacte à trois niveaux de galeries en dépit de la perte de son attique ». Cette façade quasi complète joue un rôle de barrière acoustique, contenant l’énergie sonore à l’intérieur de l’enceinte et empêchant sa dispersion vers l’extérieur. Le tableau suivant met en lumière les différences clés qui expliquent pourquoi El Jem est un « laboratoire » si parfait.
| Caractéristique | El Jem | Colisée de Rome |
|---|---|---|
| Capacité | 35 000 spectateurs | 45 000 spectateurs |
| Dimensions | 148m x 122m | 189m x 156m |
| État de conservation | Façade intacte à 3 niveaux | Partiellement détruit |
| Matériau principal | Grès dunaire uniforme | Travertin et briques |
| Construction | Phase unique (238 apr. J.-C.) | Multiples phases et réfections |
La différence de matériau est également fondamentale. Le grès dunaire d’El Jem, plus tendre et poreux que le travertin du Colisée, n’a pas le même comportement face aux ondes sonores. Il absorbe légèrement plus les hautes fréquences, ce qui évite un son trop agressif ou réverbérant. En somme, si le Colisée impressionne par sa démesure et son histoire tumultueuse, El Jem séduit par sa perfection et sa clarté, offrant une lecture limpide de ce que devait être un amphithéâtre romain à son apogée.
D’où venaient les pierres géantes utilisées pour construire ce colosse ?
La performance acoustique d’un lieu ne dépend pas seulement de sa forme, mais aussi de sa matière. Le choix des pierres d’El Jem n’est pas anodin et contribue grandement à sa signature sonore. Les blocs massifs de couleur ocre qui constituent l’amphithéâtre proviennent de carrières locales. Des études géologiques confirment que la pierre est un grès dunaire tyrrhénien, extrait principalement des carrières côtières de Mahdia et Salakta, situées à une trentaine de kilomètres. Ce n’était pas une pierre d’ornement, mais une pierre de construction, robuste et disponible en grande quantité. Son transport jusqu’à Thysdrus (l’antique El Jem) représentait un défi logistique colossal, témoignant de l’importance stratégique de la ville.
Ce grès a des propriétés acoustiques remarquables. Contrairement au marbre ou au granit, qui sont très réfléchissants et peuvent créer un écho froid et flottant, ce grès est légèrement poreux. Cette micro-rugosité de surface agit comme un diffuseur acoustique naturel, dispersant les ondes sonores dans de multiples directions plutôt que de les renvoyer comme un miroir. De plus, sa porosité lui confère un léger coefficient d’absorption, notamment dans les moyennes et hautes fréquences. Cela « assèche » subtilement la réverbération, augmentant l’intelligibilité de la voix et la clarté de la musique. Les constructeurs romains n’avaient probablement pas conscience de ces subtilités, mais en choisissant un matériau local et efficace, ils ont instinctivement doté leur monument d’un atout acoustique majeur.
Cette même pierre, comme le souligne l’historien Zaher Kammoun, a été un pilier de la région, servant à bâtir « des remparts, des mosquées et des fortifications arabo-musulmanes à Sousse, Mahdia ». Le fait que cette ressource géologique ait été au cœur de l’histoire constructive de toute la région, comme le détaille une analyse sur le patrimoine géologique du littoral tunisien, ancre encore plus l’amphithéâtre dans son terroir et explique la cohérence matérielle de l’édifice.
Visiter El Jem au lever du soleil : est-ce possible et recommandé ?
Visiter El Jem est toujours un choc, mais le vivre au lever du soleil est une expérience sensorielle à part entière. Bien que les horaires officiels d’ouverture coïncident rarement avec les toutes premières lueurs, il est possible de s’en approcher en arrivant dès l’ouverture, surtout en hiver. La lumière rasante du matin sculpte les arches et les gradins, créant des jeux d’ombres et de lumières qui transforment la perception de l’espace. La pierre ocre s’embrase, révélant sa texture, son grain, et les cicatrices du temps. C’est le moment idéal pour apprécier le monument dans un calme quasi absolu, avant l’arrivée des groupes.
C’est aussi le meilleur moment pour tester l’acoustique soi-même. Dans le silence matinal, le moindre son prend une ampleur incroyable. Placez-vous au centre de l’arène et parlez à voix normale : un ami situé dans les gradins supérieurs vous entendra sans difficulté. C’est une démonstration simple mais bluffante de la diffusion sonore parfaite de l’édifice. L’absence de bruit de fond permet de percevoir le léger temps de réverbération, cette « coda » sonore qui donne de l’ampleur à la voix sans jamais la brouiller. La visite matinale permet de se connecter à la dimension physique du lieu, de ressentir la vibration de la pierre et le souffle de l’histoire.

Pour une visite aussi mémorable, il est conseillé de bien la planifier. Ne vous contentez pas d’un passage rapide ; le site et ses alentours méritent qu’on leur consacre du temps pour en saisir toute la richesse.
Votre plan d’action pour une visite immersive d’El Jem
- Planifier la durée : Prévoyez au minimum une demi-journée. Le site est immense et chaque recoin mérite d’être exploré sans se presser.
- Combiner les visites : Votre billet pour l’amphithéâtre inclut l’accès au musée archéologique d’El Jem. Ne le manquez sous aucun prétexte pour ses mosaïques exceptionnelles.
- Explorer les profondeurs : Descendez impérativement dans les passages souterrains pour vous imprégner de l’atmosphère qui précédait les jeux.
- Tester l’acoustique : Profitez d’un moment de calme dans l’arène pour parler, chanter ou applaudir. C’est une partie intégrante de l’expérience.
- Sortir des murs : Prenez le temps de flâner dans les rues de la ville moderne d’El Jem pour observer comment ce colosse s’intègre dans la vie quotidienne locale.
Pourquoi l’amphithéâtre d’El Jem est-il mieux conservé que le Colisée de Rome ?
L’acoustique exceptionnelle d’El Jem n’existerait pas sans son état de conservation stupéfiant. Si le son y est si pur, c’est parce que la « salle » est quasi complète. Mais pourquoi a-t-il si bien traversé les âges, bien mieux que son illustre grand frère, le Colisée de Rome ? La réponse tient en deux mots : histoire et géographie. Alors que le Colisée se trouvait au cœur d’une métropole en constante reconstruction, El Jem (Thysdrus) était situé dans une province plus éloignée et a connu un déclin progressif après la chute de l’Empire romain, ce qui l’a paradoxalement protégé.
Le Colisée a servi de carrière de luxe pendant plus d’un millénaire. Ses marbres, ses pierres de travertin et ses métaux ont été systématiquement « recyclés » pour construire des palais, des ponts et des églises à travers Rome. Comme le souligne une analyse comparative des amphithéâtres romains, c’est un sort auquel El Jem a largement échappé. Bien qu’il ait subi des dommages, notamment au XVIIe siècle lorsqu’une partie de sa façade a été détruite pour déloger des rebelles, le pillage systématique ne l’a jamais touché avec la même ampleur. L’édifice conserve encore 64 de ses arcades originales sur trois niveaux, une intégrité structurelle qui garantit la cohérence de sa forme et donc de sa performance acoustique.
De plus, l’utilisation d’une pierre locale, le grès, moins « précieuse » que le travertin romain, a sans doute moins attiré les convoitises. L’amphithéâtre est resté le symbole dominant d’une ville qui n’a jamais retrouvé la splendeur de son passé romain, devenant un monument à préserver plutôt qu’une ressource à exploiter. Sa survie est donc un mélange de chance historique et d’isolement relatif, qui nous offre aujourd’hui ce témoignage architectural presque intact.
Bardo ou El Jem : quel musée possède les plus belles scènes de chasse ?
La question de savoir quel musée, entre le Bardo à Tunis et celui d’El Jem, abrite les plus belles mosaïques est un débat d’experts. Le Bardo, par sa renommée mondiale et l’immensité de ses collections, présente une diversité inégalée. Cependant, pour celui qui cherche une expérience cohérente et thématique, le musée archéologique d’El Jem offre un avantage unique. Il est entièrement dédié aux trésors de l’antique Thysdrus et de ses environs. Les mosaïques que l’on y admire proviennent des riches villas romaines qui entouraient l’amphithéâtre. Il y a donc une unité de lieu et de temps absolument fascinante.
Les scènes de chasse, de pêche, ou les représentations des jeux du cirque que l’on trouve dans le musée d’El Jem sont le reflet direct de la vie et des loisirs qui animaient la cité à l’ombre du grand amphithéâtre. Voir une mosaïque dépeignant des combats de fauves, puis se tenir quelques minutes plus tard dans les souterrains où ces mêmes fauves étaient gardés, crée un lien émotionnel et intellectuel puissant. Le musée d’El Jem ne se contente pas d’exposer des œuvres d’art ; il raconte l’histoire du lieu que l’on vient de visiter. Il donne un visage et des couleurs à la vie qui grouillait autour et dans le colosse de pierre.
De plus, l’initiative de lier culturellement les différents sites est remarquable. Le billet d’entrée pour les spectacles du festival symphonique inclut souvent la visite du musée, encourageant les spectateurs à s’immerger complètement dans le patrimoine romain de la ville. Ainsi, plutôt que de les opposer, il faut voir les deux musées comme complémentaires. Le Bardo offre le panorama de la mosaïque romaine en Tunisie, tandis qu’El Jem en propose un zoom contextuel, une étude de cas immersive et touchante. Pour l’amoureux d’histoire qui veut comprendre un site dans sa globalité, le musée d’El Jem est un passage obligé.
À retenir
- Un chef-d’œuvre acoustique involontaire : La qualité sonore d’El Jem n’est pas le fruit du hasard mais d’une convergence parfaite entre la géométrie elliptique, l’inclinaison des gradins et les matériaux utilisés.
- Le grès, un allié inattendu : Le grès dunaire local, légèrement poreux, agit comme un diffuseur et absorbeur naturel, garantissant une clarté sonore exceptionnelle sans réverbération excessive.
- Un laboratoire architectural : Mieux conservé que le Colisée, El Jem offre une lecture limpide de l’ingénierie romaine, faisant de lui un cas d’étude parfait pour les architectes et acousticiens.
Les 7 sites UNESCO de Tunisie : dans quel ordre les visiter efficacement ?
Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, l’amphithéâtre d’El Jem est l’une des pièces maîtresses de la richesse antique de la Tunisie. L’intégrer dans un circuit de visite des sites classés demande un peu d’organisation pour optimiser son temps et créer un fil rouge thématique. Pour un passionné d’ingénierie et d’architecture romaines, un itinéraire logique s’impose pour suivre la montée en puissance de la maîtrise des bâtisseurs.
Un parcours efficace pourrait commencer au nord, sur le site de Carthage. On y découvre les fondements de l’urbanisme romain en Afrique, avec les vestiges des thermes d’Antonin et des villas romaines, posant les bases de la civilisation qui façonnera la région. Ensuite, une étape à Dougga (Thugga) est indispensable. Son théâtre, plus petit mais extraordinairement bien conservé, et son Capitole sont des exemples parfaits de l’architecture civique et religieuse romaine. C’est l’étape intermédiaire idéale avant le bouquet final.
Le circuit trouverait son apogée à El Jem. Après avoir vu l’urbanisme et l’architecture civile, on arrive devant l’expression ultime de l’ingénierie du spectacle. El Jem représente le sommet de l’art de construire pour le divertissement des foules. Prévoir ce circuit de 2 à 3 jours, idéalement pendant la période du festival symphonique en juillet-août, permet de lier la découverte architecturale à l’expérience sensorielle et de comprendre la place d’El Jem non pas comme un monument isolé, mais comme le point culminant d’une présence romaine qui a profondément marqué le territoire tunisien.
Pour mettre en pratique ces conseils et vivre par vous-même l’expérience acoustique et historique unique d’El Jem, la prochaine étape logique est de planifier votre visite, en gardant à l’esprit la possibilité d’assister à un concert pour une immersion totale.