
Contrairement à l’idée reçue, les trésors les mieux préservés de la Tunisie romaine ne se trouvent pas sur la côte, mais dans l’isolement de l’arrière-pays.
- Les sites de l’intérieur révèlent des solutions architecturales uniques au monde, comme les maisons souterraines de Bulla Regia, nées d’une adaptation au climat.
- Moins fréquentés, des joyaux comme Sbeïtla ou Dougga offrent une expérience plus authentique et immersive, loin de l’agitation des grands pôles touristiques.
Recommandation : Osez sortir des sentiers battus. L’exploration de ces cités oubliées est une véritable aventure archéologique qui redéfinit la perception de la Rome africaine.
L’évocation des ruines romaines en Tunisie convoque immanquablement l’image de Carthage, ses thermes d’Antonin face à la mer, ou la silhouette massive de l’amphithéâtre d’El Jem. Ces sites, inscrits dans l’imaginaire collectif, sont les portes d’entrée spectaculaires d’un héritage antique d’une richesse inouïe. Beaucoup de voyageurs s’en tiennent à ce circuit côtier, pensant avoir capturé l’essentiel de la Rome africaine. Ils admirent les mosaïques du Bardo, marchent sur les pas d’Hannibal et repartent avec le sentiment du devoir accompli. C’est une première approche, légitime, mais qui ne raconte qu’une partie de l’histoire.
Et si la véritable âme de cette province romaine, son génie d’adaptation et ses secrets les mieux gardés ne se trouvaient pas sous les feux des projecteurs, mais à l’intérieur des terres ? Si le véritable trésor était justement protégé par son isolement ? Cet article n’est pas un guide de plus sur les incontournables. C’est une invitation à l’exploration, une plongée dans l’archéologie d’aventure. Nous allons délaisser les autoroutes touristiques pour nous enfoncer dans l’arrière-pays, à la découverte de Sbeïtla, Bulla Regia, Thuburbo Majus. Nous chercherons à comprendre pourquoi ces cités, loin de la mer, offrent une lecture plus intime et souvent mieux préservée de la vie romaine, révélant des chefs-d’œuvre nés de la contrainte et de l’ingéniosité.
Ce guide est conçu pour vous emmener au-delà de la simple contemplation. Nous allons décrypter l’architecture unique de ces sites, apprendre à lire le plan d’une ville abandonnée, et percer les mystères de leur conservation inégale. Préparez-vous à un voyage dans le temps, sur les traces d’une Rome plus secrète et authentique.
Sommaire : Les joyaux romains de l’arrière-pays tunisien décryptés
- Pourquoi les Romains de Bulla Regia vivaient-ils sous terre ?
- Le Capitole de Sbeïtla : pourquoi est-il unique en Afrique du Nord ?
- Comment aller à Dougga sans voiture depuis Tunis ?
- Visiter les ruines en été : l’erreur de ne pas prendre assez d’eau
- Thuburbo Majus : comment lire le plan d’une ville romaine abandonnée ?
- Pourquoi certains sites majeurs semblent-ils moins entretenus que d’autres ?
- Les symboles cachés dans les mosaïques que personne ne remarque
- El Jem : comment l’acoustique de cet amphithéâtre rivalise avec les salles modernes ?
Pourquoi les Romains de Bulla Regia vivaient-ils sous terre ?
La première rencontre avec Bulla Regia est déroutante. À première vue, le site ressemble à d’autres cités romaines : les vestiges d’un forum, des temples, des thermes. Mais rapidement, un détail intrigue : des escaliers s’enfoncent dans le sol. C’est ici que se révèle le secret et le génie climatique de Bulla Regia. Face à un climat continental écrasant de chaleur en été, les riches habitants ont développé une solution architecturale unique dans tout l’Empire : un habitat sur deux niveaux, avec un étage de surface pour l’hiver et un étage souterrain complet pour l’été.
Ces maisons souterraines ne sont pas de simples caves, mais de véritables villas de luxe creusées dans la roche, organisées autour d’un puits de lumière faisant office de péristyle. Elles disposent de salles de réception, de chambres et sont ornées de mosaïques d’une fraîcheur de conservation stupéfiante. Cette architecture bioclimatique avant l’heure n’était pas un caprice, mais une nécessité. Alors que la température en surface peut dépasser les 40°C, les étages inférieurs bénéficiaient d’une fraîcheur et d’une température remarquablement constantes. Selon les relevés effectués, cette conception ingénieuse permet de maintenir une température de 15 à 20°C toute l’année dans ces espaces de vie.
Visiter Bulla Regia, c’est donc faire l’expérience physique de l’ingéniosité romaine. Descendre dans la fraîcheur de la « Maison de la Chasse » ou de la « Maison d’Amphitrite », c’est comprendre comment une population a su non seulement survivre, mais prospérer en s’adaptant de manière radicale à son environnement. C’est une leçon d’architecture et d’histoire que l’on ne trouve nulle part ailleurs, qui fait de ce site une étape absolument fondamentale pour qui veut comprendre la Rome africaine dans sa complexité.
Le Capitole de Sbeïtla : pourquoi est-il unique en Afrique du Nord ?
Le site de Sbeïtla (l’antique Sufetula) frappe par l’immensité de ses vestiges et leur couleur dorée qui tranche avec le paysage aride. Mais son joyau, l’élément qui le distingue de toutes les autres cités romaines, est son Capitole. Habituellement, un Capitole romain est un temple unique dédié à la triade capitoline : Jupiter, Junon et Minerve. Or, à Sbeïtla, les architectes ont créé une anomalie architecturale spectaculaire : trois temples distincts, côte à côte, chacun dédié à l’une des trois divinités.
Cette configuration est sans équivalent connu en Afrique du Nord et témoigne de la prospérité et de l’originalité de la cité. Les trois temples, majestueux avec leurs colonnes corinthiennes, ne sont pas simplement posés là. Ils reposent sur une plateforme surélevée et sont reliés par des arches, créant une composition scénographique d’une puissance visuelle inouïe. La documentation soumise à l’UNESCO pour l’inscription du site au patrimoine mondial précise que cet ensemble est constitué de 3 temples distincts sur une plateforme de 37,20m x 34,75m, soulignant le caractère monumental et exceptionnel de la construction. Se tenir sur le forum et contempler cette triple façade est une expérience qui marque l’esprit de tout amateur d’histoire antique.

Cette particularité architecturale dépasse la simple esthétique ; elle révèle une interprétation locale et grandiose du culte impérial. L’enthousiasme des connaisseurs est palpable, comme en témoigne cette appréciation du blog World on the way dans son article sur Sbeïtla :
Le capitole formé par trois temples dédiés à la triade capitoline romaine (Jupiter, Junon, Minerve). Tout simplement exceptionnel. Le plus bel ensemble de toute l’Afrique du Nord !
– World on the way, Les vestiges romains de la cité antique de Sbeïtla
Le Capitole de Sbeïtla n’est donc pas juste un temple de plus, c’est la signature architecturale d’une cité fière et innovante, un chef-d’œuvre qui justifie à lui seul le voyage dans l’intérieur des terres.
Comment aller à Dougga sans voiture depuis Tunis ?
Dougga est peut-être le site romain le plus complet et le mieux conservé de Tunisie, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Son isolement sur une colline, loin des grandes villes modernes, est la clé de sa préservation mais aussi un défi logistique pour le voyageur sans véhicule personnel. Le trajet depuis Tunis représente environ 110 km, soit près de 2 heures de route. Heureusement, l’aventure est tout à fait possible et même mémorable en utilisant le système de transport local : les louages.
Le louage est un taxi collectif, généralement un minivan blanc à bande rouge, qui part une fois qu’il est plein. C’est le moyen le plus authentique et économique de voyager dans le pays. S’organiser pour une excursion à Dougga demande un peu de préparation, mais le jeu en vaut la chandelle. Pour ne rien laisser au hasard, voici le plan d’action à suivre pour transformer ce défi en une exploration réussie.
Votre feuille de route pour l’expédition Dougga :
- Point de départ : Rendez-vous à la station de louages Nord de Tunis, connue sous le nom de Bab Saadoun. C’est le hub pour toutes les destinations du nord-ouest.
- Trouver le bon véhicule : Cherchez le panneau indiquant « Téboursouk ». C’est la ville la plus proche de Dougga. Il faudra patienter jusqu’à ce que les 7 ou 8 places du louage soient occupées.
- Le trajet principal : Profitez des paysages durant le trajet d’environ 1h30 à 2h jusqu’à Téboursouk. Le coût est très modique, généralement autour de 8 à 10 dinars tunisiens.
- La dernière étape : Une fois arrivé à la station de louages de Téboursouk, négociez avec un taxi local pour vous emmener à Dougga. L’aller-retour avec un temps d’attente du chauffeur sur le site est la formule la plus courante.
- Négocier la visite : Accordez-vous sur un prix (généralement entre 30 et 40 dinars) et surtout sur un temps de visite suffisant. Pour un site de cette ampleur, prévoyez au minimum 1h30 à 2h pour ne pas repartir frustré.
Cette méthode demande une certaine flexibilité et un esprit d’aventure, mais elle vous plonge au cœur de la vie tunisienne et rend l’arrivée sur le site majestueux de Dougga encore plus gratifiante.
Visiter les ruines en été : l’erreur de ne pas prendre assez d’eau
C’est un conseil qui semble relever du bon sens, répété dans tous les guides de voyage : « pensez à prendre de l’eau ». Pourtant, lorsqu’on explore l’arrière-pays tunisien en été, cette simple recommandation devient une question de survie. L’erreur n’est pas d’oublier l’eau, mais de sous-estimer radicalement la quantité nécessaire. Les sites comme Sbeïtla ou Dougga sont immenses, souvent dépourvus de la moindre zone d’ombre et situés dans des régions où le soleil et la sécheresse dictent leur loi de manière implacable.
Le climat continental de l’intérieur n’a rien à voir avec la brise marine de la côte. Ici, la chaleur est sèche, intense et persistante. Marcher pendant deux ou trois heures sur des dalles de pierre qui emmagasinent la chaleur est un véritable défi pour l’organisme. Pour prendre la mesure du phénomène, les observations météorologiques locales pour la région de Sbeïtla sont éloquentes. Une publication rapportait des conditions extrêmes, avec près de 342 jours sans humidité par an et des périodes de sécheresse pouvant s’étendre sur plus de 18 mois. Ces chiffres ne sont pas des abstractions ; ils se traduisent par une déshydratation extrêmement rapide.
La règle d’or pour une exploration estivale est donc simple : prévoyez au moins 2 à 3 litres d’eau par personne. N’imaginez pas pouvoir acheter de l’eau sur place ; la plupart de ces sites isolés n’ont qu’une petite buvette à l’entrée, parfois fermée ou en rupture de stock. Complétez cet équipement avec un chapeau à larges bords, des lunettes de soleil et des vêtements amples et clairs. Visiter ces cités à l’aube ou en fin d’après-midi est une stratégie sage, mais même à ces heures, la chaleur reste un facteur déterminant. Ne pas respecter cette règle, c’est transformer une aventure culturelle en une épreuve physique dangereuse.
Thuburbo Majus : comment lire le plan d’une ville romaine abandonnée ?
Arriver à Thuburbo Majus, c’est être confronté à un immense champ de ruines s’étendant sur 40 hectares. Contrairement à un site plus compact, la première impression peut être celle d’un chaos de pierres. Pourtant, ce chaos apparent cache une logique implacable : celle de l’urbanisme romain. « Lire » le plan de Thuburbo Majus, c’est apprendre à identifier les structures clés pour reconstituer mentalement la vie qui animait la cité. L’exploration devient alors une enquête archéologique passionnante.
La première étape est de trouver le cœur de la cité : le forum. C’est la grande place publique, généralement pavée, autour de laquelle s’articulent tous les pouvoirs. À Thuburbo Majus, le forum est dominé par l’imposant Capitole, reconnaissable à ses six colonnes corinthiennes encore debout, qui signale le centre religieux et civique. À proximité, cherchez les vestiges de la Curie (le lieu de réunion du sénat local) et de la basilique (le tribunal et lieu de commerce). Une fois ce centre identifié, vous avez la clé de l’organisation de la ville.

L’organisation urbaine de Thuburbo Majus
Thuburbo Majus révèle d’impressionnantes ruines où les édifices publics et privés s’organisent logiquement. Le Capitole aux six colonnes et l’ancien temple de Cérès, plus tard transformé en basilique, dominent le site et permettent de comprendre la hiérarchie des espaces publics et religieux. En s’éloignant de ce centre, on découvre les quartiers résidentiels. Les vestiges de somptueuses maisons, équipées de salles de bains privées chauffées (hypocaustes) et décorées de mosaïques, témoignent de la grande richesse des élites de cette cité prospère, dont la fortune reposait sur l’agriculture céréalière.
L’étape suivante est de repérer les grands complexes publics : les thermes. Il y en a deux principaux à Thuburbo Majus, les « thermes d’été » et les « thermes d’hiver », identifiables par leurs murs plus élevés et les restes de piscines et de salles chauffées. Enfin, laissez-vous guider par les tracés des rues pour explorer les quartiers d’habitation. Vous apprendrez à différencier une riche demeure (domus) avec son péristyle central d’une boutique (taberna) ouverte sur la rue. C’est en assemblant ces pièces du puzzle que la ville fantôme reprend vie sous vos yeux.
Pourquoi certains sites majeurs semblent-ils moins entretenus que d’autres ?
C’est une question qui taraude souvent le visiteur explorant l’arrière-pays. Après avoir été ébloui par la majesté de Sbeïtla ou Dougga, on peut être surpris par un manque de signalisation, des panneaux explicatifs vieillis ou une impression générale moins « léchée » que sur des sites comme Carthage. Cette perception n’est pas une illusion ; elle répond à une logique économique et touristique implacable : la disparité de fréquentation.
Les ressources allouées à l’entretien, à la restauration et à la mise en valeur d’un site archéologique sont directement corrélées à son attractivité touristique et aux revenus qu’il génère. Un site comme Carthage, proche de la capitale et des grandes zones hôtelières, draine un volume de visiteurs sans commune mesure avec les sites de l’intérieur. Les statistiques pré-pandémie illustrent parfaitement ce fossé : on comptait environ 120 000 visiteurs par an à Sbeïtla contre plus de 500 000 à Carthage. Cet écart colossal explique en grande partie la différence de moyens.
Cet état de fait est un cercle vicieux : moins un site est mis en valeur, moins il attire de visiteurs, et donc moins il génère de fonds pour son entretien. L’isolement géographique, qui est une bénédiction pour la conservation et l’authenticité de l’expérience, devient une malédiction sur le plan économique. Le journaliste Jonathan Custeau le résumait bien dans un article pour Le Soleil consacré à Sbeïtla :
En attendant d’être reconnu par l’UNESCO, [le site] souffre un peu d’un manque de signalisation… et de fonds pour sa protection.
– Jonathan Custeau, Le Soleil – Article sur Sbeïtla
Ainsi, l’impression d’un entretien moindre n’est pas le signe d’un désintérêt, mais la conséquence mécanique d’un modèle touristique concentré sur le littoral. C’est aussi ce qui confère à ces explorations intérieures leur caractère d’aventure, le sentiment de découvrir un trésor encore brut, loin du vernis des attractions de masse.
Les symboles cachés dans les mosaïques que personne ne remarque
Les mosaïques romaines de Tunisie sont célèbres dans le monde entier, notamment celles exposées au musée du Bardo. Mais les observer in situ, sur le sol même pour lequel elles ont été créées, offre une toute autre dimension. Au-delà des scènes mythologiques ou des représentations de la vie quotidienne, ces pavements sont truffés de symboles discrets, de véritables charmes destinés à protéger la maison et ses habitants. Repérer ces détails, c’est accéder aux croyances intimes et aux superstitions des Romains.
L’un des motifs les plus importants est le symbole apotropaïque, dont la fonction est de détourner le malheur et le « mauvais œil ». On le trouve souvent sur les mosaïques de seuil, à l’entrée des maisons, comme un filtre protecteur. C’est particulièrement visible à Bulla Regia, où les mosaïques des demeures souterraines sont remarquablement préservées. En visitant ces maisons, on peut trouver des représentations de l’œil (oculus), parfois transpercé par une lance, ou des motifs géométriques complexes comme des nœuds d’Héraclès, conçus pour « piéger » les mauvais esprits. Ces symboles ne sont pas décoratifs ; ils constituent une forme de prière pétrifiée, un bouclier magique intégré à l’architecture.
Pour apprendre à décrypter ce langage visuel, il est utile de connaître la signification des motifs récurrents. Le tableau suivant synthétise quelques-uns des symboles que vous pourrez rencontrer lors de vos explorations.
| Type de symbole | Signification | Localisation typique |
|---|---|---|
| Œil (oculus) | Protection contre le mauvais œil | Seuils d’entrée |
| Poissons | Abondance et prospérité maritime | Thermes et bassins |
| Grappes de raisin | Richesse viticole, culte de Bacchus | Salles de réception |
| Scènes de chasse | Statut social élevé du propriétaire | Péristyles des villas |
La prochaine fois que vous marcherez sur une mosaïque romaine, ne vous contentez pas d’admirer la technique. Cherchez ces symboles cachés. Ils sont la voix silencieuse des anciens habitants, révélant leurs peurs, leurs espoirs et leur vision du monde.
À retenir
- L’architecture unique de Bulla Regia, avec ses villas souterraines, est une réponse ingénieuse au climat extrême de l’intérieur des terres, un exemple de « génie climatique » antique.
- Le Capitole de Sbeïtla, composé de trois temples distincts au lieu d’un seul, est une anomalie architecturale qui témoigne de la richesse et de l’originalité de la cité.
- L’isolement et la faible fréquentation touristique des sites de l’arrière-pays, bien qu’étant un défi économique, sont la raison principale de leur état de conservation exceptionnel et de l’expérience immersive qu’ils procurent.
El Jem : comment l’acoustique de cet amphithéâtre rivalise avec les salles modernes ?
El Jem, avec son amphithéâtre colossal qui se dresse au milieu de la plaine, est le site de l’intérieur le plus célèbre. Troisième plus grand du monde romain après Rome et Capoue, sa majesté est écrasante. On pense immédiatement aux combats de gladiateurs et aux spectacles grandioses qu’il a abrités. Mais l’un de ses aspects les plus fascinants et les moins commentés est une prouesse technique invisible : son acoustique quasi parfaite.
L’architecture de l’amphithéâtre n’a pas été pensée que pour voir, mais aussi pour entendre. Les ingénieurs romains, sans l’aide d’ordinateurs ou de logiciels de modélisation, ont conçu une structure où la voix d’un seul homme, parlant sans forcer au centre de l’arène, pouvait être entendue distinctement par chacun des spectateurs. La capacité d’accueil était immense, et des sources estiment que jusqu’à 35 000 spectateurs pouvaient entendre distinctement depuis n’importe quel gradin. Cette performance, qui rivalise avec celle de nombreuses salles de concert modernes, n’est pas le fruit du hasard.
Le secret réside dans une combinaison de facteurs : la forme elliptique parfaite de l’édifice, qui évite la formation d’échos parasites en diffusant les ondes sonores de manière homogène, et l’inclinaison précise et continue des gradins (la cavea). Cette pente abrupte agit comme un immense réflecteur acoustique, renvoyant le son vers l’ensemble du public. Aujourd’hui, lors du Festival international de musique symphonique d’El Jem, cette qualité acoustique exceptionnelle est mise à profit, créant une expérience magique où la musique classique résonne comme elle l’aurait fait il y a près de 2000 ans.
Alors, êtes-vous prêt à laisser les cartes postales derrière vous pour découvrir le véritable héritage romain de la Tunisie ? L’aventure commence là où la route s’arrête, dans le silence éloquent de ces cités oubliées. Le voyage vers l’intérieur est plus qu’un simple déplacement géographique ; c’est un pèlerinage aux sources d’une histoire plus complexe et plus fascinante.