
Visiter une mosquée en tant que non-musulman est une expérience culturelle enrichissante, mais elle est régie par des codes précis qui varient d’un pays à l’autre. La clé n’est pas seulement de suivre les règles (tenue, horaires), mais de comprendre leur signification culturelle et religieuse. Cet article vous donne les clés pour passer du statut de simple touriste à celui d’invité respectueux, en décodant l’accès, l’étiquette et l’architecture pour une visite sereine et éclairée.
L’envie de franchir le seuil d’une grande mosquée, d’admirer la finesse de ses mosaïques et la majesté de ses dômes, est une motivation puissante pour de nombreux voyageurs. Ces monuments ne sont pas seulement des chefs-d’œuvre architecturaux ; ils sont le cœur battant de communautés entières. Pourtant, pour le visiteur non-musulman, cette curiosité s’accompagne souvent d’une appréhension : comment se comporter ? Peut-on même entrer ? La peur de commettre un impair, de paraître irrespectueux ou de se voir refuser l’entrée peut être un frein important.
Les conseils habituels se résument souvent à quelques règles pratiques : s’habiller modestement, retirer ses chaussures, éviter les heures de prière. Si ces règles sont essentielles, elles ne sont que la partie visible de l’iceberg. Elles répondent au « quoi faire », mais rarement au « pourquoi ». Cette approche superficielle laisse le visiteur dans un rôle de spectateur qui suit des instructions sans en saisir la portée, passant à côté de l’essence même de l’expérience : le dialogue culturel.
Mais si la véritable clé n’était pas de mémoriser une liste de règles, mais de comprendre la philosophie qui les sous-tend ? L’objectif de ce guide est de vous faire passer de la simple observation à une compréhension profonde. En décryptant la logique derrière les restrictions d’accès, la signification du code vestimentaire ou le rôle social de la cour, vous ne serez plus un simple touriste, mais un invité éclairé. Cette démarche transforme une simple visite en une véritable rencontre, empreinte de respect mutuel et d’une richesse culturelle décuplée.
Pour vous accompagner dans cette démarche, nous explorerons ensemble les politiques d’accès parfois complexes, la fonction des différents espaces au sein d’une mosquée, les codes pratiques à maîtriser et enfin, les clés pour lire et apprécier la splendeur de l’architecture islamique.
Sommaire : Explorer les mosquées en tant que visiteur : un guide des pratiques et des accès
- La cour de la Zitouna : pourquoi est-ce le seul espace accessible aux touristes ?
- Pourquoi la mosquée n’est pas seulement un lieu de prière mais de vie ?
- Colonnes antiques réemployées : le secret de construction de la Grande Mosquée de Kairouan
- Heures de prière : comment savoir quand la visite touristique est interdite ?
- Le prêt de foulards à l’entrée : hygiène et obligation, comment ça marche ?
- Peut-on visiter la Mosquée Zitouna si l’on n’est pas musulman ?
- Comment s’habiller pour visiter la Grande Mosquée sans offenser les locaux ?
- Reconnaître l’architecture tunisienne : les 3 détails qui ne trompent pas
Peut-on visiter la Mosquée Zitouna si l’on n’est pas musulman ?
La question est directe et la réponse, pour la célèbre mosquée de Tunis, l’est tout autant : non, l’accès à l’intérieur de la mosquée Zitouna n’est actuellement pas autorisé pour les visiteurs non-musulmans. Cette politique, qui peut surprendre, est en place pour l’ensemble des mosquées de la capitale tunisienne. En effet, des observations sur la gestion du patrimoine local confirment que depuis 2011, toutes les mosquées de Tunis sont officiellement fermées aux visiteurs de confessions différentes. Seule la cour extérieure de la Zitouna reste parfois accessible, offrant un aperçu limité de sa splendeur.
Il est crucial de comprendre que cette restriction n’est pas une règle universelle dans le monde musulman, mais le reflet de politiques nationales ou locales spécifiques. La situation varie considérablement d’un pays à l’autre, illustrant différentes approches de l’hospitalité sacrée. Le tableau suivant met en lumière ces disparités, permettant de mieux contextualiser la situation tunisienne.
| Pays | Politique d’accès | Exemples |
|---|---|---|
| Maroc | Très restrictif – seulement 2 mosquées accessibles | Hassan II (Casablanca), Moulay Ismael (Meknès) |
| Turquie | Très ouvert | Mosquée Bleue, Sainte-Sophie accessibles |
| Émirats Arabes Unis | Ouvert avec visites guidées | Sheikh Zayed (Abu Dhabi) entièrement accessible |
| France/Europe | Nombreuses mosquées ouvertes, journées portes ouvertes régulières | Grande Mosquée de Paris, mosquées locales |
Ce comparatif montre bien que l’ouverture ou la fermeture d’une mosquée aux touristes est un choix souverain. Des pays comme la Turquie ou les Émirats Arabes Unis ont fait de leurs mosquées des emblèmes touristiques majeurs, tandis que le Maroc et la Tunisie adoptent une approche beaucoup plus réservée, privilégiant la fonction cultuelle exclusive de ces lieux. Comprendre cette diversité est le premier pas vers une visite respectueuse, où que vous soyez.
La cour de la Zitouna : pourquoi est-ce le seul espace accessible aux touristes ?
Lorsqu’on évoque la visite d’une mosquée, il est essentiel de comprendre qu’elle n’est pas un espace monolithique. La distinction fondamentale se fait entre la cour extérieure (le sahn) et la salle de prière intérieure (le haram). La raison pour laquelle les non-musulmans sont souvent cantonnés à la cour, comme c’est le cas à la Zitouna, repose sur le concept de pureté rituelle et la sacralité de l’espace de prière. La salle de prière est considérée comme un lieu sacré où les fidèles se présentent devant Dieu après avoir accompli leurs ablutions (wudu). L’accès y est donc réservé à ceux qui participent au culte et sont dans l’état de pureté requis.
La cour, en revanche, a une fonction plus sociale et publique. C’est un espace de transition, un lieu de rencontre et de passage qui sépare le tumulte du monde extérieur de la quiétude de la salle de prière. C’est un seuil de respect symbolique. Permettre l’accès à la cour est donc un geste d’ouverture qui ne compromet pas la sacralité du lieu de culte principal. Cette politique est appliquée de manière assez stricte en Tunisie où, seulement 3 mosquées majeures (Kairouan, Sousse, Mahdia) autorisent un accès partiel, généralement limité à leur cour.
Cette séparation des espaces est une clé de lecture fondamentale. Plutôt que de voir la restriction comme une exclusion, il faut la comprendre comme une manière de préserver l’intégrité d’un acte spirituel. Le visiteur est invité à admirer l’architecture depuis cet espace liminal, à s’imprégner de l’atmosphère sans perturber le recueillement des fidèles. C’est une forme de dialogue silencieux où l’on observe et apprend avec respect depuis la périphérie de l’espace le plus sacré.
Pourquoi la mosquée n’est pas seulement un lieu de prière mais de vie ?
Réduire la mosquée à un simple lieu de prière serait une erreur fondamentale. Historiquement et aujourd’hui encore, les grandes mosquées, en particulier leurs vastes cours, sont de véritables centres de vie communautaire. Elles sont le cœur battant de la cité islamique, un point de convergence où les dimensions spirituelle, sociale et intellectuelle se rencontrent. La cour, ou sahn, avec ses portiques ombragés (riwaqs) et ses fontaines rafraîchissantes, est conçue pour être bien plus qu’un parvis.
Cet espace multifonctionnel remplit plusieurs rôles essentiels qui dépassent largement le cadre du culte. C’est là que la communauté se rassemble, que les savoirs se transmettent et que la solidarité s’exprime. Comprendre ces fonctions permet de voir la mosquée non plus comme un monument figé, mais comme un organisme vivant, vibrant au rythme de ses fidèles. L’animation paisible de ces cours témoigne de cette riche vie sociale et culturelle.

Pour mieux saisir cette complexité, voici les fonctions clés qu’une grande mosquée a souvent assumées au fil des siècles :
- Centre d’enseignement : Des mosquées historiques comme la Zitouna à Tunis ou Al-Azhar au Caire abritaient des universités prestigieuses, formant des générations d’érudits en théologie, droit et sciences.
- Espace social : Les cours sont un lieu de rencontre privilégié où l’on discute après la prière, où les enfants jouent et où les familles se retrouvent.
- Centre de charité : C’est souvent là que s’organise la distribution de la zakat (l’aumône légale), et que des repas sont offerts aux plus démunis, notamment durant le mois de Ramadan.
- Bibliothèque et conservation : De nombreuses mosquées protègent un patrimoine inestimable, conservant des manuscrits anciens et des ouvrages précieux.
- Refuge climatique : Dans les régions chaudes, les cours ombragées et les fontaines constituent un havre de fraîcheur accessible à tous.
Colonnes antiques réemployées : le secret de construction de la Grande Mosquée de Kairouan
En parcourant la salle de prière de la Grande Mosquée de Kairouan (l’une des rares accessibles, sous conditions), un détail frappe le visiteur attentif : la forêt de colonnes qui soutient le toit est un assemblage hétéroclite. Des chapiteaux corinthiens côtoient des fûts de marbre rose et de granit gris, créant une harmonie surprenante à partir d’éléments disparates. Ce phénomène, loin d’être anecdotique, est un principe architectural clé de nombreuses constructions islamiques anciennes, connu sous le nom de spolia ou réemploi.
La construction de la mosquée au IXe siècle s’est faite en puisant dans les ruines des cités romaines et byzantines environnantes, notamment Carthage. Plutôt que de tailler des centaines de nouvelles colonnes, les bâtisseurs ont récupéré celles des monuments antiques déchus. Cette pratique avait une double justification. D’une part, elle était pragmatique : elle offrait des matériaux nobles et solides à profusion, permettant une construction rapide et économique. Le savoir-faire pour extraire et tailler de tels blocs de marbre était devenu rare, et le réemploi était une solution ingénieuse.
D’autre part, cette démarche revêtait une forte dimension symbolique. En intégrant les vestiges des empires précédents (romain, byzantin) dans le bâtiment le plus sacré de la nouvelle puissance islamique, les constructeurs affirmaient une continuité tout en marquant leur triomphe. La mosquée absorbait et transcendait le passé, bâtissant le nouveau sur les fondations de l’ancien. Cette pratique d’architecture signifiante transforme chaque colonne en un livre d’histoire, témoignant des couches de civilisations qui se sont succédé sur cette terre. Observer ces colonnes, c’est donc lire un récit de conquête, d’adaptation et de création culturelle.
Heures de prière : comment savoir quand la visite touristique est interdite ?
L’un des aspects les plus importants à planifier pour la visite d’une mosquée est de tenir compte du temps liturgique. Les mosquées sont avant tout des lieux de culte actifs, et les visites touristiques sont systématiquement suspendues pendant les cinq prières quotidiennes (salat). Ne pas respecter ces moments est considéré comme une intrusion et une marque d’irrespect. Il ne s’agit pas simplement d’éviter les quelques minutes de la prière elle-même ; les mosquées ferment généralement leurs portes aux visiteurs 30 à 45 minutes avant et après chaque prière pour permettre aux fidèles de se préparer et de prier dans la sérénité.
La prière la plus importante de la semaine est la grande prière du vendredi midi (Jumu’ah). Ce jour-là, l’affluence est maximale et les mosquées sont généralement inaccessibles aux touristes pendant une plage horaire beaucoup plus large, souvent entre 11h et 14h. Il est donc impératif d’éviter ce créneau. Les horaires des prières variant chaque jour en fonction du soleil et de la localisation géographique, il est impossible de donner des heures fixes.
Heureusement, il existe des outils très simples pour s’organiser et éviter toute déconvenue. Voici une méthode fiable pour connaître les horaires de fermeture :
- Télécharger une application mobile dédiée : Des applications comme Athan Pro ou Muslim Pro (avec plus de 170 millions de téléchargements) fournissent les horaires de prière islamiques précis et vérifiés pour n’importe quelle ville dans le monde, en se basant sur votre géolocalisation.
- Consulter le site web officiel : Les grandes mosquées touristiques disposent souvent d’un site internet où elles publient un calendrier mensuel des horaires de prière et des heures de visite autorisées.
- Planifier avec une marge : Prévoyez toujours une fermeture de 30 à 45 minutes autour de l’heure de prière indiquée, et non seulement les 5 à 10 minutes de la prière elle-même.
- Éviter absolument le vendredi midi : C’est le moment le moins propice à une visite dans n’importe quel pays musulman.
Comment s’habiller pour visiter la Grande Mosquée sans offenser les locaux ?
Le code vestimentaire est sans doute l’aspect le plus connu de l’étiquette à respecter pour visiter une mosquée. Il ne s’agit pas d’une simple formalité, mais de la manifestation la plus visible de votre respect pour un lieu sacré et pour les croyances de la communauté qui vous accueille. Comme le souligne le guide Calculated Traveller, adopter une tenue modeste est la première étape pour créer un environnement positif et accueillant pour tous.
Il est essentiel de s’habiller modestement pour montrer le respect des croyances religieuses. Hommes et femmes peuvent être requis de prier dans des zones séparées. En s’habillant modestement et en suivant l’étiquette de la mosquée, vous créez un environnement positif et accueillant pour tous.
– Guide Calculated Traveller, 6 Travel Tips While Visiting a Mosque
Le principe de base est la modestie : couvrir le corps pour ne pas attirer l’attention et détourner les fidèles de leur recueillement. Cela s’applique autant aux femmes qu’aux hommes. Les vêtements moulants, même s’ils sont longs, sont à proscrire car ils dessinent les formes du corps. De même, au-delà de la tenue, une attitude discrète est de mise. On évite de parler fort et, si les photos sont généralement autorisées dans les zones touristiques, il est absolument interdit de photographier les fidèles en train de prier, par respect pour leur intimité.
Pour ne rien oublier et préparer votre visite sereinement, voici une liste pratique qui vous aidera à composer la tenue idéale.
Votre plan d’action vestimentaire pour une visite respectueuse
- Pour les femmes : Prévoir un pantalon ample ou une jupe longue couvrant les chevilles, un haut à manches longues cachant épaules et décolleté, et un foulard pour couvrir les cheveux.
- Pour les hommes : Porter un pantalon long (les shorts, même en dessous du genou, sont interdits) et un haut couvrant les épaules (t-shirt ou chemise, pas de débardeur).
- Pour tous : Penser à enlever ses chaussures à l’entrée. Prévoir des chaussettes propres peut être plus confortable pour marcher sur les tapis.
- Choix des matières : Dans les pays chauds, privilégier les tissus légers et respirants comme le lin ou le coton pour rester à l’aise tout en étant couvert.
- Vérification finale : Avant d’entrer, jeter un dernier regard : les bras, les jambes et (pour les femmes) les cheveux sont-ils bien couverts ? La tenue est-elle ample et non transparente ?
Le prêt de foulards à l’entrée : hygiène et obligation, comment ça marche ?
Même avec la meilleure volonté du monde, il peut arriver que des touristes, surpris par la chaleur ou mal informés, se présentent à l’entrée d’une mosquée avec une tenue jugée inappropriée. Pour ne pas refuser l’entrée à un visiteur curieux, de nombreuses grandes mosquées touristiques ont mis en place un système de prêt de vêtements. C’est une solution pragmatique qui permet de concilier accueil touristique et respect des codes religieux.
Le port de la tenue adéquate, notamment le foulard pour les femmes, n’est pas une option mais une condition d’accès non négociable. Le système de prêt est donc une facilité offerte, pas une alternative. Le fonctionnement est généralement très simple : des employés à l’entrée évaluent la tenue des visiteurs et proposent, si nécessaire, des tuniques longues (abayas), des pantalons amples ou des foulards pour se couvrir.
Un excellent exemple de ce système bien rodé est celui de la mosquée Sheikh Zayed à Abu Dhabi. Là-bas, tout est organisé pour que chaque visiteur puisse entrer, quelle que soit sa tenue initiale. Des vêtements traditionnels appropriés sont prêtés gratuitement à l’entrée aux femmes qui doivent couvrir leurs cheveux, leurs épaules et leurs jambes, ainsi qu’aux hommes portant des shorts. Comme le rapporte le blog Bonjour Dubaï, ce service est une partie intégrante de l’expérience de visite et assure une conformité totale avec le code vestimentaire. Bien entendu, tous les visiteurs sans exception doivent retirer leurs chaussures.
Concernant l’hygiène, dans les grands centres touristiques, les vêtements prêtés sont régulièrement nettoyés. Quant au coût, le prêt est souvent gratuit. Cependant, certaines mosquées peuvent demander un petit dépôt de garantie (rendu à la sortie) pour s’assurer de la restitution, ou parfois des frais symboliques de nettoyage. C’est une solution pratique, surtout en été, pour celles et ceux qui ne souhaitent pas s’encombrer d’un foulard ou de vêtements longs toute la journée.
À retenir
- L’accès des non-musulmans aux mosquées varie énormément d’un pays à l’autre, allant de l’ouverture totale (Turquie) à une restriction quasi-complète (Maroc, Tunisie).
- Le code vestimentaire (vêtements amples, longs, et foulard pour les femmes) n’est pas une formalité mais un signe de respect fondamental pour le lieu sacré et ses fidèles.
- Une mosquée est un centre de vie (social, éducatif, charitable) et pas seulement un lieu de prière ; sa cour (sahn) en est le cœur battant.
Reconnaître l’architecture tunisienne : les 3 détails qui ne trompent pas
L’architecture islamique est d’une richesse et d’une diversité incroyables, mais chaque grande région a développé son propre style, sa signature. L’architecture du Maghreb, et plus particulièrement celle de la Tunisie, possède des caractéristiques distinctives qui, une fois connues, permettent de « lire » les bâtiments et d’en apprécier toute la subtilité. Au-delà de l’émerveillement esthétique, reconnaître ces éléments, c’est comprendre la fonction et l’histoire du lieu. Voici trois détails clés de l’architecture signifiante tunisienne.
Le premier et le plus visible est sans conteste le minaret de base carrée. Contrairement aux minarets cylindriques et élancés de style ottoman que l’on voit en Turquie ou en Égypte, le minaret maghrébin est massif, trapu et de plan carré. Celui de la mosquée Zitouna, haut de 43 mètres, en est un parfait exemple. Comme le souligne une analyse de son architecture, sa décoration d’entrelacs de pierre calcaire sur fond de grès ocre est typique du style almohade, une signature de l’Afrique du Nord et de l’Espagne musulmane.
Le deuxième détail se trouve à l’intérieur : le mihrab. Cette niche, souvent richement décorée, n’est pas un simple ornement. Elle a une fonction cruciale : elle indique la qibla, la direction de La Mecque, vers laquelle les musulmans se tournent pour prier. Le mihrab est le point focal de la salle de prière, et sa décoration (mosaïques, stuc sculpté) témoigne de l’importance spirituelle de cette direction. À sa droite se trouve généralement le minbar, une chaire en bois d’où l’imam prononce son sermon le vendredi.

Enfin, le troisième élément caractéristique est l’organisation de la cour centrale (sahn) entourée de portiques à arcades (riwaqs). Cet agencement n’est pas propre à la Tunisie mais il y prend une importance particulière. La cour n’est pas un espace vide mais un volume architectural à part entière, qui organise la circulation, offre de l’ombre et crée une transition progressive entre le bruit de la ville et le silence de la salle de prière. Les arcs en fer à cheval, typiques de la région, rythment l’espace et créent des jeux d’ombre et de lumière spectaculaires.
En somme, aborder la visite d’une mosquée avec une connaissance de ses codes, de ses fonctions et de son architecture, c’est s’offrir une expérience bien plus profonde qu’une simple visite touristique. C’est la clé pour transformer la curiosité en véritable compréhension culturelle. Pour mettre en pratique ces conseils, l’étape suivante consiste à planifier votre prochaine découverte en gardant à l’esprit cette grille de lecture respectueuse et éclairée.
Questions fréquentes sur la visite des mosquées
Les foulards prêtés sont-ils hygiéniques ?
Oui, dans les grandes mosquées habituées à un fort flux touristique, les vêtements et foulards mis à disposition sont généralement collectés après chaque usage et nettoyés régulièrement pour garantir une bonne hygiène.
Peut-on refuser de porter le foulard ?
Non, le port d’une tenue modeste, incluant le voile pour couvrir les cheveux des femmes, est une condition d’entrée obligatoire dans la plupart des mosquées ouvertes aux visiteurs. Refuser de s’y conformer entraînera un refus d’accès.
Y a-t-il des frais pour l’emprunt des vêtements ?
Cela dépend de la mosquée. Le prêt est souvent gratuit, considéré comme un service d’accueil. Cependant, certaines peuvent demander une caution qui vous sera restituée à la sortie, ou une participation symbolique pour couvrir les frais de nettoyage.